Pour soutenir nos projets, faites un don qui, à partir de 40 € sera déductible fiscalement de vos revenus.

Compte bancaire
IBAN : BE59-1030-2581-7226
BIC : NICABEBB
33.jpg

1er voyage en Janvier 2001

Voir la galerie photo

 

Le départ et l'arrivée

Jeudi dix-huit janvier 2001, c'est le grand départ pour l'Afrique vers la découverte d'un autre continent, d'autres gens, d'autres mœurs.
Tout est prêt, nos soixante kilos de bagages sont posés dans le couloir.

Le départ est retardé de deux heures et prévu à treize heures. Ouf ! On peut dormir plus longtemps.

Départ de Leuze à huit heures. Arrivée à Paris-Roissy à onze heures, après une heure de bouchon.

A l' aéroport, le groupe des loudunais nous attend et nous accueille chaleureusement. Monsieur Lucas nous signale que l'avion est retardé et partira à vingt heures. Patience, patience.

La gorge me serre. Je retourne ? Non, j'y suis, j'y reste.

Enfin vingt heures. Nous passons de l'autre côté après les formalités d'usage. Je fais la connaissance d'une jeune et jolie nigérienne qui revient d'Amérique et rentre à Niamey. "Mais qu'avez-vous fait tout-ce temps avant de connaître l'Afrique ?" me dit-elle.

Gros avion AirBus A600. Nous décollons à vingt et une heure quarante-cinq environ. Mais qu'est-ce que je fais dans cette galère ?

Soit, me voilà partie ! Plus question de faire demi-tour ! Une fois en altitude, c'est la détente, c'est parti.

Arrivés à l'aéroport de Ouagadougou, nous voyons l'avion de près, il est gigantesque. Près de quatre cents personnes en sortent. Une délégation nous accueille. Il est cinq heures, Ouagadougou s'éveille. Monsieur Félix, président du jumelage, m'a reconnue. Il était assis près de moi lors du souper du jumelage à Leuze au mois de juin dernier. Il rit, il rit tout le temps. Les autres aussi d'ailleurs.

Des hommes et femmes en costumes traditionnels nous embrassent et nous souhaitent la bienvenue. Deux bus nous conduisent à l'hôtel. Là, deux messages m'attendent : celui de Salif et celui d'Afsata. La chambre est bien confortable, propre, correcte, rien ne manque, la climatisation est impeccable.

Fourbues, nous nous couchons, Nadine et moi, et nous reposons... trois quarts d'heure. Le petit-déjeuner est à six heures trente. II ne faut pas rater la sortie du Moogho Naha. J'arrive en retard, il est sept heures, je stresse, je n'irai pas voir la sortie du Moogho, tant pis !

J'ai pas mal de gens à contacter, j'ai surtout envie de dormir. Je téléphone à Madame Kambou, sœur Noëlle, Afsata et J.M. Zoundi. Je vais me reposer, cinq appels me tirent de mon sommeil, mais qu'importe, c'est même rassurant. Des gens amicaux m'attendent, sont heureux de m'entendre et rient, ils rient tous.


Notre épisode à Nazinga

Ce samedi, nous quittons Ouagadougou; direction : la réserve naturelle de Nazinga. Nous logerons sur place afin de découvrir, tôt le matin, les animaux sauvages de la brousse.

À la sortie de l'hôtel, trois véhicules 4/4 nous attendent. Notre chauffeur, ainsi que Nanou, l'employée de l'agence, sont prêts. Nous avons pris un minimum de bagages et laissé notre valise à l'hôtel.

Dormir dans la brousse nous inquiète un peu : les moustiques, les conditions d'hébergement, les sanitaires ? Nous sommes tous un peu méfiants, c'est une réaction typiquement européenne. Ici, "pas de problème" nous répondent les Africains, suivi d'un rire gras et interminable.

Nous empruntons la grand-route qui mène à la frontière du Ghana. C'est une route toute droite macadamisée. Le paysage est dénudé, de temps à autre des arbres feuillus, des manguiers, des arbres de Karité, des baobabs majestueux pimentent le décor. La circulation n'est guère abondante. Nous dépassons des taxis vélos encombrés d'un nombre impressionnant de poulets, des camions au toit surchargé. Nous traversons quelques villages composés de cases en banco (pisé fait de terre argileuse mélangée à de la paille, parfois moulé en briques pleines) et de greniers à mil.


Des enfants puisent ça et là l'eau du puits, les femmes cuisinent à même le sol dans une grande bassine galvanisée. Des charrettes tirées par un âne transportent plusieurs stères de bois sec. Des femmes, toute droites, vêtues d'un pagne, portent sur la tête l'urne avec l'eau ou la corbeille de fruits. Tout cela nous paraît maintenant familier.

Nous traversons Pô.

Nous nous arrêtons.

C'est notre première confrontation avec les habitants d'une cité de l'arrière-pays. Le dénuement est total. La précarité des «habitations» est invraisemblable.

Quelques bouts de bois tordus supportant un semblant de toiture en paille séchée forment un auvent qui abrite famille, commerce ou atelier. Les voitures et camionnettes ne sont en fait que des tacots branlants surchargés de chèvres et provisions. Les animaux, cochons, poules, coqs, chèvres et moutons font partie intégrante du décor. Une meute d'enfants se ruent vers nous et nous tendent la main. Nous leur donnons une bouteille d'eau, une friandise, un bic, un briquet, tout les ravit, leur bonheur est visible.

Les 4/4 reprennent la route, nous nous enfonçons sur une piste de terre rouge qui devient de plus en plus accidentée. Nous passons la grande porte à l'entrée du parc naturel de Nazinga, après les formalités d'usage.



Nous progressons à présent, petit à petit vers notre campement. La nuit nous surprend bientôt, les phares s'allument et percent le mur opaque de cette jungle peuplée d'arbres rabougris, d'herbes sèches, de plantes épineuses que nous devinons aisément.

La piste est infecte et nous faisons des bonds sur nos sièges, la porte arrière s'ouvre sous le choc. Les trente-cinq kilomètres que nous parcourons nous paraissent interminables.

Soudain, quelques lumières surgissent dans la nuit, la civilisation refait surface.

Un petit village de paillotes pittoresques apparaît. Nous distinguons une grande mare d'eau à l'arrière. La tranquillité de ce coin paradisiaque est perturbée par une musique africaine sortant d'un grand pavillon où des groupes de touristes prennent le repas du soir. Une longue table nous attend ainsi qu'une bière du pays. Nous mangeons l'omelette, du phacochère et du poisson local appelé «capitaine». Notre surprise est totale lorsque Nanou nous apprend que ce site insolite, au cœur de la brousse africaine, a été subsidié par la région wallonne.

Repus et épuisés, nous regagnons notre pavillon muni de deux lits simples mais propres et d'un cabinet de toilette.

Il fait encore un noir d'encre lorsque l'on nous réveille. Il est six heures. Après un petit-déjeuner vite fait, bien fait, et après avoir brièvement goûté de la beauté sereine de ce cadre envoûteur et magique, nous réintégrons notre véhicule.

Nous partons à la rencontre des éléphants, des babouins, des phacochères et des antilopes. Nous montons sur le toit de notre 4/4, les amortisseurs sont durs, nous rebondissons à chaque aspérité de la piste ! Une brise agréable nous grise et nous décoiffe, et nous prenons de la poussière à la pelle.


Deux singes surgissent devant la voiture, ce sont des babouins, ils grimpent dans un arbre et nous épient. Des antilopes s'enfuient à toute vitesse.

Ce sont les éléphants qui se font attendre. Se méfieraient-ils ?

Enfin, après plusieurs heures de recherche, ils apparaissent à vingt mètres de notre campement, embusqués derrière un fourré. Nous descendons de notre «tour de garde» , brandissons nos appareils photos et marchons à travers les herbacées, les graminées et les fougères roussies par le soleil. Un éléphant à la taille impressionnante nous scrute et nous inspecte. Il n'a pas l'air content. Il secoue ses très larges oreilles et fait mine de nous charger. Un claquement des mains de notre guide l'arrête, le danger est passé.

Satisfaits et ravis, nous regagnons le pavillon et repartons vers Ouagadougou.

Nanou nous emmène chez elle, à Koubri, à vingt-cinq kilomètres de Ouaga, à l' «Auberge des Bougainvillées».

Ce lieu de villégiature propose, en plus de cases ventilées, toute une gamme d'activités comme la pêche et les balades en vélo; des terrains de sport sont également accessibles. Ce petit paradis tropical, dans cette région sahélienne, est dû à la construction d'un barrage. Les alentours bien ombragés nous invitent à la promenade et nous offrent le spectacle de rizières et de potagers verdoyants. La piste qui nous mène à l'auberge est bordée de bougainvillées et de frangipaniers.

Nous dégustons, sous le pavillon, un superbe repas composé de légumes et de fruits cultivés sur place. La piscine nous tente, ainsi que le calme et la fraîcheur qu'offrent les jardins maraîchers et fruitiers, mais j'ai rendez-vous avec J.M. Zoundi à 16h. Il est donc grand temps de repartir.

Il m'attend dans le hall de l'hôtel. Le temps d'un brin de toilette, et il nous conduit chez le bronzier où nous prenons notre commande.

Nous ne tardons pas. A peine dans notre chambre, le téléphone retentit : Afsata Kabore, une amie de longue date, nous attend. Nous allons chez elle prendre le repas du soir. Quelle galère ! Décidément, pas le temps de souffler, mais armées de courage et d'enthousiasme, nous partons.

Afsata habite dans une cité paisible, un peu retirée de la ville, une petite maison cachée par un haut mur d'enceinte et munie d'une porte cochère. Un gardien nous ouvre la porte et nous fait découvrir une petite cour arborée ainsi qu'une terrasse qui nous invite à la détente et aux bavardages.




Burkina : terre de surprises et contrastes

Que de sensations et impressions ressenties au cours de ce voyage.

Ce voyage que j'appellerais volontiers «mission impossible sur les traces de Justin».

Ce premier contact avec l'Afrique est surprenant, déroutant et envoûtant à la fois. Il est empreint de contrastes, d'anachronismes, de gentillesses et de joie de vivre. Tout ici est hétéroclite.

Notre première impression de la rue est celle d'une vie intense, d'un désordre incroyable. Des cagibis couverts de tôles ondulées côtoient des bâtiments d'une architecture irréprochable. La poussière de la route en terre rouge contraste avec le jardin vert du parc d'arbres exotiques. La beauté et l'élégance des Africaines vêtues de robes éclatantes contrastent avec les tenues déguenillées des petits vendeurs ou des paysans.

Le village artisanal de Ouaga est un havre de paix, d'harmonie et de sérénité, tandis que le grand marché central témoigne d'une agressivité excessive envers le touriste blanc et présente une cohue bruyante insupportable.

L'atelier du bronzier nous paraît issu du Moyen-âge avec son échoppe en terre battue, sa cour boueuse où coule un fossé nauséabond.

Le jardin exotique, paisible et accueillant, des sœurs de l'«Eau Vive» nous apporte une bouffée d'air frais et de réconfort, après l'atmosphère poussiéreuse et bruyante de la rue.

La compétence, l'intelligence et le savoir-faire des intellectuels n'ont rien en commun avec les coutumes traditionalistes et ancestrales des paysans de la campagne.




Burkina : terre de rencontres

Les contacts avec les Africains sont nombreux et chaleureux. Les personnalités rencontrées resteront inoubliables.


Déjà à l'aéroport, à notre arrivée, le rire de Fati, ses cent quinze kilos nous étonnent et nous sidèrent.

Au téléphone, la voix chaleureuse de Joseph Paré, le mari d'Afsata, nous rassure. L'accueil de J.M. Zoundi, son calme, sa haute compétence, sa tenue impeccable nous mettent tout à fait en confiance. C'est lui qui traitera avec nous nos transactions chez le bronzier.

L'ami de Justin, Alexis, d'une stature imposante, reviendra souvent nous rendre visite et nous assurera de tout son dévouement. Nous attendons maintenant de ses nouvelles et comptons beaucoup sur lui.

Félix, le vice-président du jumelage, se coupe en quatre pour rendre notre séjour agréable. Il nous accompagnera souvent, règlera tous les problèmes, répondra à toutes nos demandes et nous invitera à souper chez lui.

Le cadre sera exceptionnel. Nous passerons cette soirée au milieu d'arbres exotiques, par une température agréable, le tout agrémenté par un orchestre de djembés et de balafons qui nous entraînera sur la piste pour une danse effrénée.



Fatou Diendere, la célèbre députée, nous séduira encore une fois avec son élégance habituelle, sa simplicité, son sourire et sa gentillesse.

Madame Kambou, ophtalmologue, notre correspondante fidèle, nous paraît presque irréelle. Il y a si longtemps que nous désirions la rencontrer.

II y a aussi <>Salif, rencontré en 2000 à Leuze lors du festival Laafi. Tout jeune animateur de radio et responsable d'une association de jeunes, il nous accompagnera dans les dédales presque impénétrables du grand marché.

Monsieur Ouadraego, le postier de Ouaga, me contactera plusieurs fois. Je devais lui remettre un colis de la part de Francis Taquet.

Toutes ces personnes, je les attendais, je souhaitais les rencontrer. Elles étaient toutes au rendez-vous et ont répondu présent à toutes nos demandes. Leur sens de l'accueil et de la serviabilité est d'une importante richesse à nos yeux.

Mais il y a tous les autres, ceux qui n'étaient pas inscrits sur mon agenda et dont nous avons fait la connaissance.

Casimir, le jeune serveur du bar qui, pour me remercier d'un service rendu, m'apportera quelques cadeaux. On ne peut que s'émouvoir devant sa candeur, sa spontanéité alors qu'il nous a dérangées deux fois lors d'une sieste d'un quart d'heure, pourtant amplement méritée.

Le monde nous semble bien petit lorsque nous rencontrons, au hasard d'une soirée, le docteur Dakuya, pharmacien de grande renommée, connu dans son pays et en France pour sa compétence en phytothérapie. La surprise est totale lorsque nous apprenons qu'il connaissait très bien Justin avec qui il a partagé les mêmes bancs scolaires.

Plusieurs femmes ont également suscité notre admiration. Patricia Ioda, rencontrée au dispensaire de Balkuy, présidente d'une association pour les femmes «unique soutien de famille».

Madame Boyarm, responsable d'un groupement de femmes pour la prévention du Sida, l'information des dangers de la prostitution et l'aide aux orphelins sidéens.

Esther Brand, une jeune Française qui termine une maîtrise aux Etats-Unis, responsable pour toute l'Afrique francophone de campagnes de sensibilisation aux problèmes du Sida.

Sœur Marie-Thérèse, rencontrée lors de notre passage à Boromo. Boromo se situe à une vingtaine de kilomètres de Oury. Le jeune garçon, rencontré au bar, a enfourché sa bicyclette pour aller chercher cette religieuse française qui connaissait bien Justin et qui partageait ses soucis en faveur des moins nantis de cette région défavorisée.

Mon S.O.S. lancé, nous comptons beaucoup sur elle et ses consœurs pour assurer le suivi des projets effectués à Oury : le moulin à mil, les latrines de l'école et l'entretien des champs de manguiers plantés par les J.R...



Burkina : terre de misères

Nous savons tous que les problèmes sont immenses au Burkina.


La surpopulation et ici concentration dans les grandes villes (Ouaga compte près d'un million d'habitants) les rendent irrespirables.

Le manque de travail pour la plupart des jeunes suscite une augmentation croissante de la criminalité, de la délinquance et de la prostitution.

Les principales épreuves auxquelles les Burkinabés sont soumis sont la sécheresse et la désertification.

L'élevage est l'une des principales activités au Burkina (exportation de cuir, de peaux et de viande) mais la productivité est faible en raison de la pauvreté alimentaire du fourrage.

L'agriculture occupe près de 80% de la population burkinabé. Les cultures vivrières comme le mil, le sorgho, le maïs et le riz suffisent tant bien que mal à la survie de la population et sont en péril à cause des traditions nuisibles et néfastes pour la société actuelle.

Trois luttes initiées par Thomas Sankara ont donc toute leur raison d'être : contre les feux de brousse, contre la divagation des animaux et contre la coupe abusive de bois.



Le coton, appelé « or blanc», ressource principale du pays, est exporté mais ne suffit pas à assurer les besoins d'une famille. De plus, cette plante épuise rapidement le sol qui devra être laissé au repos après 3 ou 4 récoltes.

Avec plus de 50% d'analphabètes, le Burkina possède toujours un des taux les plus élevés d'analphabétisme au monde, malgré les gros efforts entrepris par le gouvernement dans le domaine de la scolarisation.

En ce qui concerne la santé, le pays souffre d'un grand manque en équipement médical et en personnel qualifié. Les infrastructures sanitaires sont nettement insuffisantes.

Le sida fait des ravages dans les villes (5% de la population serait séropositive).

Qu'adviendra-il plus tard de l'économie si la partie active du pays est décimée par ce fléau.

L'excision est encore pratiquée dans les campagnes, tout en étant interdite et réprimée par la loi depuis plusieurs années.

Le Burkina est l'un des pays les plus pauvres au monde avec un produit national brut d'un peu plus de 250 $US par habitant.

Les espoirs d'un avenir meilleur sont-ils permis pour ce pays peu choyé par les dieux ?


Oui, en sachant que les Burkinabés manifestent un véritable travail et un grand courage face à l'adversité. Peu habitués à la facilité, ils ont acquis un esprit de solidarité qui leur a permis de faire face à tous les problèmes. Il faut aussi souligner que, en dépit des divers revirements politiques produits depuis l'indépendance en 1960, le Burkina-Faso a toujours échappé au fléau des guerres tribales ou civiles qui ravagent tant de nations africaines.

En conclusion, les nombreux et divers projets Nord-Sud améliorent d'une façon concrète et efficace la vie de nombreux jeunes, de malades ou de paysans.


D'autre part, nous européens, nettement plus favorisés et nantis, avons beaucoup à apprendre de ce peuple simple, généreux, courageux, accueillant et reconnaissant. Nous sommes profondément conscients que si chacun d'entre nous, noir ou blanc, homme ou femme, lointain ou proche, apporte sa petite pierre à l'édification d'un monde meilleur, le progrès sera certain et une métamorphose s'amorcera. L'espoir sera alors de mise pour le pays des hommes intègres.

Voir la galerie photo
 


Siège social : 138 avenue de Loudun - B-7900 Leuze-en-Hainaut - Tél. : 069 66 38 43
Statuts déposés par M.B. en mai 2005